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L'origine géographique du
cannabis n'est pas certaine : plaines de l'Asie centrale dans
le secteur du lac Baïkal pour certains, région moyenne
du fleuve Jaune en Chine pour d'autres, ou encore contreforts
indiens de l'Himalaya. Les plus anciennes traces archéologiques
de son utilisation par l'homme ont été retrouvées
en Chine, dans l'un des foyers de la révolution agricole
néolithique. Les fouilles du site néolithique de
Xianrendong (dans le Jiangxi, daté de 8000 av. J.-C. ont
ainsi livré de la céramique, certains pots décorés
de fibres spiralées de chanvre.
La plus ancienne tradition d'un usage médical du chanvre
semble également chinoise : la plante fait partie des trois
cent soixante-cinq remèdes d'origine végétale
décrits dans le plus vieux traité de pharmacopée
de l'humanité retrouvé à ce jour. Le Shen
Nung Ben Cao jing (Traité des plantes médicinales
de l'empereur Shen Nung), 2737 av. J.-C. ne donne pas d'indication
thérapeutique précise, du moins dans sa version
originelle : antalgique, anti-émétique, laxatif...
Il est amusant de noter que c'est à ce même empereur
Shen Nung que la légende attribue la découverte
d'une autre plante psychotrope dont l'usage est aujourd'hui répandu
sur tous les continents, le thé.
Le cannabis était bien connu des Scythes, si l'on en croit
l'historien grec Hérodote (450 av. J.-C.), qui décrit
une séance de fumigation collective entraînant l'hilarité
des participants. Depuis l’Antiquité, les peuples
germaniques cultivaient également le chanvre, au moins
pour ses fibres — utilisées pour la fabrication de
vêtements et de cordes pour les bateaux. Ainsi, à
Eisenberg dans le Thuringe, des fouilles archéologiques
ont mis à jour des semis de chanvre à côté
de poteries datant de 5500 av. J.-C. La découverte de la
plus ancienne pipe du monde dans des tombeaux datant de l'âge
de bronze (1500 av. J.-C.), à Bad Abbach (Bavière)
tend à prouver que l'absorbtion de psychotropes sous forme
de fumée inhalée en Europe est bien antérieure
à la découverte du Nouveau-Monde. Cela ne suffit
pas pour autant à affirmer que le cannabis était
fumé par les anciens Germains. On sait en revanche que,
avant la promulgation de la « loi de pureté »
(Rheinheitsgebot), en 1516, sous l'influence de la moniale Hildegarde
de Bingen, nombreuses étaient les plantes aromatiques et
psychotropes qui servaient à renforcer le goût et
les effets de la bière. Le chanvre a de fortes chances
d'en avoir fait partie.
Des gravures sur cuivre du XIXe siècle montrent que les
berges du Rhin étaient, à l’époque,
couvertes de grands champs de chanvre. Le plant de chanvre doit
subir une décomposition partielle afin que les fibres de
cellulose se désolidarisent des fibres de lignine : c'est
le rouissage. L'immersion des pieds dans l'eau permet d'accélérer
ce processus.
Dans les Caraïbes anglophones, le cannabis fut importé
avec la main-d’œuvre indienne qui amena des plants
de chanvre indien. Le nom donné aux indiens fut collie
et, aujourd’hui encore, les rastas utilisent, entre autre,
le terme coolie weed pour évoquer le cannabis.
En 1844, Théophile Gautier et le docteur Jacques-Joseph
Moreau fondent le club des Hashischins. Voué à l’étude
du cannabis, il sera fréquenté par de nombreux artistes
français.
Au XIXe siècle, le cannabis était utilisé
en Occident pour ses vertus médicinales (voir plante médicinale),
sous forme de teinture (extrait alcoolique). Il fut utilisé
pour soigner les douleurs menstruelles de la reine Victoria, et
était même vendu dans le commerce aux États-Unis.
Dans la vieille Europe comme aux États-Unis, cette teinture
était l'un des médicaments les plus vendus par les
officines de pharmacie. Mais, à la fin du XIXe siècle,
son succès commença à décliner, suite
à l’apparition et au fort succès d’autres
médicaments tels que l’aspirine. Ernst Jünger,
en 1920, tombe par hasard sur un vestige de cette époque
sous la forme d'un vase de porcelaine portant la mention «
Extr. Cannabis ». Il raconte cet épisode dans son
essai Approche, drogues et ivresse.
Affiche diffusée par le Federal Bureau of Narcotics, à
la fin des années 1930, et pendant les années 1940,
époque de diabolisation du produit (la marihuana est un
narcotique puissant qui pousse au meurtre, à la débauche
et conduit à la mort).
Affiche diffusée par le Federal Bureau of Narcotics, à
la fin des années 1930, et pendant les années 1940,
époque de diabolisation du produit (la marihuana est un
narcotique puissant qui pousse au meurtre, à la débauche
et conduit à la mort).
Le chanvre arriva aux Amériques avec la colonisation.
George Washington, premier président des États-Unis
d'Amérique, en cultivait sur sa plantation, comme en témoigne
son journal. En 1794, il encouragea sa culture auprès de
ses concitoyens dans un discours : Make the most you can of hemp
seed and sow it everywhere. Les Mexicains le cultivaient également
et commencent l'exportation des sommités fleuries vers
le Texas dès 1910. C'est d'ailleurs aux Mexicains que l'on
doit l'usage du mot marijuana qui, à l'origine, désignait
une cigarette de mauvaise qualité.
Affiche diffusée par
le Federal Bureau of Narcotics, à la fin des années 1930, et pendant
les années 1940, époque de diabolisation du produit (la marihuana
est un narcotique puissant qui pousse au meurtre, à la débauche
et conduit à la mort).
Durant les années 1920 et 1930, le cannabis envahit le
marché noir, devenant très populaire. Face à
ce succès grandissant, les autorités mettent en
place des campagnes dites de sensibilisation avec des slogans
tel que Marijuana is Devil sur fond de diable enflammé,
et la police des stupéfiants de la Nouvelle-Orléans
imputent aux consommateurs 60 % des crimes commis dans la ville.
Les journaux reprennent et répandent l'idée que
violence et cannabis sont liés, à travers le pays
et, en 1937, une loi prohibant la possession et l’usage
est promulguée.
L’accroissement dans le reste du monde de la production
et du trafic de marijuana sont alors préoccupants et plusieurs
gouvernements commencèrent à s’inquiéter.
En 1925, la convention internationale de Genève est acceptée
par la plupart des pays mondiaux s’engageant à se
battre contre le trafic de drogue. Parmi eux, la Turquie et l’Égypte
voulaient inclure la marijuana dans la convention disant que sa
consommation était à la base de la débilité
humaine.
Bien qu’il ait probablement été utilisé
commme drogue occasionnelle durant son histoire, c'est parmi la
scène jazz des années 1950 qu’on le vit devenir
populaire, avec une forte augmentation de son utilisation pendant
les années 1960.
Le reggae, popularisé par Bob Marley, est aussi un vecteur
direct d'idées pro-cannabis et le fait que ce courant musical
soit aujourd'hui mondialement connu contribue à faire rayonner
la marijuana malgré une législation défavorable
de la plupart des pays.
2005 marque cependant un tournant majeur dans l'histoire du cannabis
puisque, avec l'assouplissement de la législation de certains
pays - notamment le Canada et le Royaume-Uni -, la prescription
médicale de THC étant autorisée, des laboratoires
pharmaceutiques ont pour la première fois acheté
officiellement du cannabis au Maroc - pays évalué
par l'ONU comme le principal producteur.
Source
: http://fr.wikipedia.org/wiki/Cannabis#Pharmacologie |