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Vingt-sept siècles avant
J.-C., les Chinois cultivaient le chanvre pour sa fibre et ses
propriétés médicinales. Trois mille sept
cents ans plus tard, (soit vers l’an mil de notre ère),
les chinois appellent le chanvre ta-ma ou "grand chanvre"
pour le distinguer des autres plantes à fibre, groupées
sous le terme générique de ma. Le pictogramme du
véritable chanvre est un homme de grande taille, ce qui
souligne la forte relation entre le cannabis et l’homme.
Au cours des invasions de l’Europe par les tribus aryennes
(entre 2300 et 1000 ans avant J.-C), ces nomades introduisirent
le cannabis et ses différents usages partout où
ils passèrent. A ces époques, on en faisait usage
dans l’alimentation, les textiles et les huiles. De plus,
la drogue qu’on en tirait constituait un lien rituel avec
les dieux.
Les scythes, et par la suite, de par cet exemple, les Thraces
et d’autres peuplades, vers le 6ème siècle
avant J.-C., l’utilisèrent aussi en inhalation lors
de leurs rîtes funéraires. Pendant des siècles,
l’ "herbe sacrée" était réservée
aux prêtres et aux chamans, les autres utilisateurs des
propriétés exceptionnelles du cannabis étant
alors considérés (par les prêtres évidemment)
comme des sorciers ou des hors-la-loi, et étaient souvent
condamnés à mort.
Le chanvre a entretenu une relation curieuse avec les systèmes
juridiques des différentes civilisations. Sa culture a
été tout à tour illégale ou au contraire
obligatoire. Dans de nombreuses tribus africaines, la punition
la plus grave pour un crime de sang, consistait à obliger
le criminel à fumer sans interruption des quantités
massives de dagga (cannabis) pendant des heures, enfermé
dans une petite hutte sans ouverture, jusqu’à ce
qu’il perde connaissance. Les Africains rapportent que le
taux de récidive après ce traitement était
pratiquement nul. La loi a été appliquée
de manière violente en Europe et en Amérique, lorsque
les bourreaux passaient au cou des criminels la trop fameuse "cravate
de chanvre".
Dans nombre de religions, le cannabis a représenté
des aspects fondamentaux comme dans :
Le shintoisme (au Japon) : on y utilisait le
cannabis pour lier les couples mariés et chasser les mauvais
esprits. Il passait pour être une source de joie et de bonheur
dans le mariage.
L’hindouisme (en Inde) : le dieu Shiva
passe pour avoir "ramené le cannabis de l’Himalaya
pour la joie et l’illumination des hommes". Les prêtres
"saddhu" parcourent l’Inde et le monde en partageant
le "chillum", une pipe remplie de cannabis, auquel ils
mélangent parfois d’autres substances. Dans la Bhagavad-gita,
Krishna déclare : "Je suis l’herbe qui guérît"
(9/16), tandis que le cinquième chant de la Bhagarat-purana
décrit le haschish en termes explicitement sexuels.
Le bouddhisme (Tibet, Inde et Chine) : à
partir du 5ème siècle avant J.-C., les bouddhistes
ont pratiqué un usage rituel du cannabis ; les rites d’initiation
et les expériences mystiques s’appuyant sur le cannabis
sont monnaie courante dans beaucoup de sectes bouddhistes chinoises.
D’après une ancienne tradition bouddhique, Siddharta
lui-même (le futur Bouddha) n’aurait rien consommé
sinon du chanvre et des graines de cannabis pendant les six années
qui ont précédé son illumination et la révélation
de sa mission.
Les zoroastriens ou mages (Perse,
entre le 8ème et le 3ème siècle avant J.-C.)
: Ils seraient à l’origine de l’histoire des
Rois Mages venus célébrer la naissance du Christ,
cela d’après de nombreux spécialistes du christianisme.
La religion zoroastrienne se fondait (au moins superficiellement)
sur la plante de chanvre prise dans son intégralité
; elle intervenait comme sacrement principal dans la classe des
prêtres et constituait leur première ressource en
plante médicinale, ils l’utilisaient en obstétrique,
avec de l’encens pour les rituels, comme huile sainte, mais
aussi comme huile à brûler dans les lampes du monde
séculier. On pense que le terme "magie" vient
du terme zoroastrien "magi".
Les esseniens (ancien Israël) : ils utilisaient
le chanvre pour ses propriétés médicinales,
tout comme les " thérapeutes " égyptiens.
Certains érudits pensent que les uns comme les autres étaient,
sinon des disciples, du moins des proches des prêtres/médecins
zoroastriens.
Les soufis : ils sont des mystiques musulmans
qui ont utilisé le cannabis et en ont venté les
vertus pour ses révélations divines, sa capacité
à faire fusionner le croyant avec le divin, pendant au
moins mille ans. Pour beaucoup de spécialistes, le mysticisme
des prêtres soufis est en réalité celui des
zoroastriens qui aurait survécu aux conquêtes de
l’Islam des 7ème et 8ème siècles et
aux conversions (plus ou moins forcées) qui s’en
sont suivies.
certains coptes chrétiens d’Egypte
et d’Ethiopie : ils croient que "l’herbe verte
sacrée des champs", ainsi que les "encens suaves"
et les "encens et huiles sacrés" mentionnés
dans la Bible ne seraient autres que le cannabis.
Les bantous : ils procédaient à
un culte secret du "dagga" (cannabis), réservé
aux chefs ; les Pygmées, les Zoulous et d’autres
considéraient le cannabis comme une médication indispensable
pour les crampes, l’épilepsie et la goutte, et en
avaient fait un sacrement religieux
Les rastafarians (de la Jamaïque et d’ailleurs)
: ils sont une secte religieuse contemporaine qui se sert de la
"ganga" comme moyen sacré d’entrer en communion
avec Dieu (Jah).
Les judaïstes : on constate que l’usage
du cannabis, pourtant connu à cette époque et dans
cette région, n’était ni interdit, ni même
découragé dans la Bible. Certains passages y font
une allusion directe à ses bienfaits et en prédisent
même l’interdiction.
Les premiers chrétiens : les premières
sectes chrétiennes étaient composées d’individus
en général ouverts, doux, aimants, qu’elles
étaient tolérantes et peu structurées. Rome
considérait le christianisme simplement comme un autre
culte oriental de mystères, à l’instar du
culte de Mitra ou de celui d’Isis, alors les plus répandus
dans l’Empire romain. Miné par des guerres ruineuses
et la corruption politique, l’Empire romain était
dans un état catastrophique. Dès l’an 249
de notre ère, les empereurs qui se succédèrent
entreprirent de sanglantes persécutions, notamment envers
les turbulents chrétiens. Cinquante ans, la méthode
n’ayant pas été efficace, l’Empereur
Constantin fit cesser les persécutions et se convertit
lui-même au christianisme. En combinant la force de l’Etat
et la force de l’Eglise, chacun était en mesure de
multiplier son pouvoir et de dénoncer plus facilement les
crimes (ou péchés) de ses ennemis ou rivaux politiques
(ou religieux) en bénéficiant de l’appui total
de l’autre. Constantin fit du christianisme la religion
officielle obligatoire et monothéiste de l’Empire
: l’Eglise catholique et romaine, autrement dit l’Eglise
Romaine universelle. Dans la foulée, il fit mettre hors
la loi toutes les sociétés secrètes qui auraient
pu menacer son mandat. A compter des 4ème et 5ème
siècles, les religions païennes et les autres sectes
chrétiennes furent soit incorporées à l’Eglise
orthodoxe, soit interdites et chassées de la doctrine officielle
comme de la hiérarchie et certains sont devenus clandestins,
ce qu’ils resteront pendant tout le Haut Moyen Age. Au 10ème
siècle, tous les peuples d’Europe se virent forcés
d’y adhérer. Les responsables politiques aidèrent
l’Eglise et décrétèrent des lois assorties
de châtiments extrêmes pour la moindre infraction,
le moindre soupçon d’hérésie, les hérétiques
étaient pourchassés par des inquisiteurs impitoyables,
fanatiques et sadiques. La damnation était de plus le lot
de tous les excommuniés. Avec l’interdiction à
95% de la population de l’accès à la lecture
et à l’écriture (et donc encore moins au Latin,
alors la langue de la Bible), les prêtres ont pu interpréter
à leur manière les Ecritures, et cela pendant environ
douze siècles en Europe. Tout en faisant du vin un sacrement,
et en tolérant les autres produits alcoolisés comme
la bière, l’Inquisition interdisait l’ingestion
du cannabis en Espagne au 12ème siècle et en France
au 13ème. Nombre d’autres médications naturelles
furent simultanément bannies. Quiconque se servait de chanvre
pour communiquer, soigner ou dans un autre but était aussitôt
étiqueté comme "sorcier". Jeanne d’Arc,
en 1430, fut entre autres choses accusée d’avoir
utilisé des drogues à base de plantes de sorcières,
y compris du cannabis, pour entendre des voix. Les gens du peuple
qui osaient ne pas se soumettre à ces lois pouvaient, dans
certains cas, être puni de mort.
source
: www.green-house.ch |